Eredità

Un film de Jean Luc Cesco

Produit par Nico Di Biase

Image et Son : Isabelle Fermon, Jean Luc Cesco

Montage Image et Son : Yannick Coutheron

Musique : Jean Michel Deliers

Mixage : Emmanuel Croset

Étalonnage : Axelle Gonay

Film sélectionné aux États Généraux du film documentaire 2023

Eredità, c’est l’histoire de deux voisins qui s’accompagnent dans des moments difficiles de leurs existences. Le réalisateur imagine que le fantôme de l’ancien propriétaire est resté dans son appartement. Muguette, sa voisine, accumule chez elle tout un fatras d’objets ramassés dans la rue.
A l’épreuve de la maladie et de la mort, chacun d’eux laisse apparaître des traces de son héritage familial. La mémoire ne s’efface pas, elle reste coincée quelque part…

Présentation

Dans Eredità (mot signifiant Héritage en italien), j’ai voulu raconter la relation singulière qui nous a réuni, ma voisine Muguette et moi, et s’est prolongée lors d’épisodes charnières de nos vies, sa maladie et le deuil de mon père.

En me vendant l’appartement de ses parents, Muguette m’a aussi transmis une partie de son histoire familiale. J’ai été immergé au milieu de ses objets et des récits qu’elle me faisait. Cet espace est resté vide car j’ai peu investi l’appartement de ma mémoire familiale, qui est fragmentaire. Le souvenir de Muguette vient m’envahir à tel point que l’histoire de son père remplace les failles laissées dans ma psyché par le peu de transmission dans ma propre histoire. J’invoque la figure de l’esprit de Joseph, le père de Muguette, pour incarner ce qui se transmet de la présence ou de l’absence des pères. Le fantôme est une chambre d’écho à mes questionnements
autour de ces héritages familiaux qui nous façonnent.

Muguette prend part à ce jeu qui la distrait de sa solitude et elle est ma complice pour participer à cette aventure filmée. Elle oppose une résistance qui fait vivre notre relation. Elle me prépare à ce qui sera mon chemin d’acceptation vers le deuil. Pendant que Muguette me raconte ses souvenirs, une partie d’elle est dans un lâcher-prise de sa vie quotidienne. D’abord elle est lucide et joueuse à propos de son rapport étrange aux objets puis elle sera entrainée vers sa propre disparition. La deuxième partie du film nous confronte à la réalité
de cette accumulation compulsive, appelée le syndrome de Diogène. C’est un ensemble de symptômes qui peuvent tenir autant de la pathologie mentale que de la problématique sociale. Souvent Muguette rit de ce qu’elle vit comme si elle en avait la maîtrise. Je la filme à la manière d’un divertissement que nous continuons ensemble. Elle en revient toujours à l’héritage de son père pour expliquer ses fantaisies délirantes.

Quand l’état de ma voisine se dégrade, je réalise le risque de la perdre comme j’ai perdu mon père. Elle est en danger, envahie par sa maladie. Je veille sur elle et j’enregistre mes démarches auprès d’institutions qui se renvoient la responsabilité de sa prise en charge. La situation se débloque grâce à l’intervention d’une proche qui connaît les arcanes de l’administration sociale. Le dialogue s’est maintenu entre Muguette et moi. Est-ce grâce au jeu d’échanges qui s’est perpétué dans notre relation cinématographique ?

En juillet 2023, Muguette est décédée chez elle et depuis lors, j’ai entrepris de travailler sur une version un peu plus longue du film pour une éventuelle sortie en salles de cinéma. Ce film s’appellera Muguette.

Une coproduction

Les films de l’Aqueduc
Lyon Capitale TV


ce film a reçu la bourse Brouillon d’un rêve de la SCAM

avec la participation
du Centre national du cinéma et de l'image animée

et le soutien
de la Région Bourgogne-Franche-Comté en partenariat avec le CNC
de la SACEM


Format : HD / durée 61 minutes / © Les films de l’Aqueduc, Lyon Capitale TV / 2023


les autres films de Jean Luc Cesco présents dans le catalogue :
Tu veux écrire